Passer au contenu principal
-
Le mot Raku est l’abréviation du terme Raku-yaki. Il signifie plaisir ou joie.
-
Contrairement à ce que nous pouvons croire, ce nom vient d’une lignée familiale japonaise et non d’une technique de cuisson.
Le Raku est intimement lié à la cérémonie du thé waki-cha et à ses bols. A l’origine, elle représente des bols réalisés à la main, très simples, dépouillés, cuits dans des fours à bois puis trempés dans l’eau, incandescents. Aujourd’hui nous utilisons ce terme pour désigner une technique de cuisson. Cette cuisson est à basse température, aux environs de 1000°C.
Elle se déroulait à l’origine dans un four à bois. Aujourd’hui, en Europe, nous utilisons surtout les fours à gaz.
Cette technique apparaît au XVIème siècle à Kyoto autour de deux personnages centraux: un maître du thé Sen no Rikyū et un potier Tanaka Chôjirô. A cette époque, des guerres avaient appauvries le pays, ce qui avait poussé les céramistes à proposer des bols plus simples, moins onéreux pour continuer cette cérémonie du thé, plus simplement.
L’évolution du Raku
A l’origine, dans le Raku japonais il n’y a pas d’enfumage. Les pièces sont sorties du four incandescentes, puis trempées directement dans l’eau.
Le Raku tel que nous le pratiquons en Europe vient d’un céramiste américain, Paul Soldner.
Il découvre le Raku dans le livre de Bernard Leach. Il a l’idée, en sortant les pièces de son four, de les tremper dans de la sciure et ainsi, de créer un enfumage. C’est ce que nous appelons le Raku occidental.
Plus qu’une technique de cuisson, le raku est une philosophie où la simplicité, l’irrégularité et le naturel sont fondamentaux.
La fabrication d’une pièce se fait traditionnellement en modelage.
Les terres à Raku sont des terres à grès. La terre doit résister aux chocs thermiques imposés par le Raku, ainsi, elle doit être chamottée car la chamotte rend la terre plus résistante.
La pièce doit sécher lentement à l’abri des courants d’air et des chaleurs extrêmes.
Il est possible de polir sa pièce pour lui donner une surface lisse. On poli généralement avec une Agathe.
Après séchage, Il est procédé à une première cuisson nommée” biscuit” atteignant une
température d’environ 1000° sur une durée en règle générale de 8 à 12 heures.
Après la cuisson du biscuit, il est posé un émail destiné au Raku. Il faut savoir que les parties émaillées prendront la couleur de l’émail et celles non émaillées noirciront.
Il est procédé à une 2ème cuisson. Elle s’effectue sur une durée d’environ une heure jusqu’à une température de 980 à 1000°. Les pièces sont sorties incandescentes à cette même température à l’aide de pinces.
A la sortie du four, le choc thermique crée des craquelures.
Ces pièces sont immédiatement plongées dans un combustible(copeaux de bois, sciure ou journaux...), nous parlerons “d’enfumage”..L’apport d’oxygène est alors limité.
Cette phase est la réaction d’oxydoréduction au cours de laquelle apparaissent le noir des craquelures ainsi que le noir des parties sans émail.
A la sortie du récipient d’enfumage, les pièces sont arrosées pour arrêter la combustion, refroidies puis nettoyées.